Exposition

Distraction


Photographier pas tant l'absence que les traces infimes, les riens du monde, minuscules vestiges des activités sportive, professionnelle, amicale, familiale.. Choisir de faire focale sur un objet central qui balise la scène du vide et lui donne échelle, c'est le propos de cette série de Michel Nizio.

Ces décors désolés qui semblent des plateaux de films après que les acteurs les ont quittés, ces villes, ces rues, ces maisons qu'a désertées l'être humain pourraient être profondément tristes.

Pourtant tout y dit l'humanité, celle passée, celle à venir. Le photographe réussit la gageure de suggérer la vie par son ombre, son ubac : un jouet abandonné qui attend, un banc qui se réjouit de recevoir une conversation, une voiture sous bâche qui s'impatiente de sa prochaine virée. Le regard se laisse distraire par les nombreux sillons que laisse chaque existence faisant de ceux-ci l'affirmation même de cette certitude profonde que quelque chose ici s'est passé. La preuve : Michel Nizio l'a photographié.


Texte de Rémi Tournier